đ«đ·ï»żï»ż DĂ©claration des maires de France
Les violences sans limite qui se sont dĂ©chaĂźnĂ©es le 17 octobre, Ă Limoges avec lâincendie de la mairie, Ă Marseille, Ă Paris, Ă Bordeaux, Ă Lyon, Ă Grenoble, Ă Lille, Ă Nantes, Ă Calais, en Avignon, et dans tant dâautres communes, ne sont pas des dĂ©bordements de fin de manifestations. Ces actes trĂšs graves ont Ă©tĂ© prĂ©mĂ©ditĂ©s et leurs auteurs, quâils soient des « ultras » politisĂ©s ou des casseurs venus sâen prendre aux commerces, sont dangereux, organisĂ©s, armĂ©s, dĂ©terminĂ©s.
Maires, conseillers municipaux, agents du service public, nous nous engageons tous les jours pour faire vivre nos communes dans la paix et lâunitĂ©. Nous sommes aujourdâhui Ă©coeurĂ©s et rĂ©voltĂ©s.
Nous exprimons notre reconnaissance aux services de secours et aux forces de lâordre. Ils ont luttĂ© sans relĂąche contre les groupes violents avec des moyens largement insuffisants, parfois au pĂ©ril de leur propre sĂ©curitĂ©.
Nous disons notre solidarité aux commerçants et aux habitants, face aux actes de vandalisme ignobles et aux pillages de leurs biens. Nous les soutenons dans ces heures difficiles pour la reprise de leur activité.
Nous disons notre solidarité à tous les maires et élus locaux qui ont dû faire face en premiÚre ligne à ces faits, ainsi que tous les agents communaux qui se sont mobilisés dÚs la nuit de samedi à dimanche pour réparer des dégùts.
Incendier une mairie, agresser ses agents, les menacer de mort comme Ă Limoges, sont des actes qui vont bien au-delĂ du symbole. Câest une attaque organisĂ©e contre ce que nous avons en commun de plus prĂ©cieux : la paix civile et nos libertĂ©s publiques fondamentales.
Les violences du 17 octobre ont portĂ© une atteinte grave Ă la libertĂ© dâexpression et celle de manifester, que les manifestants ont souhaitĂ© exercer, eux, en respectant lâordre public. Elles Ă©clipsent les messages quâils ont souhaitĂ© porter.
La condamnation absolue de ces actes, bien quâindispensable, est loin de suffire Ă la paix civile.
Chacun doit prendre ses responsabilités.
La responsabilitĂ© de lâexĂ©cutif est de garantir le retour Ă lâordre public. Les Ă©vĂ©nements du 17 octobre ont marquĂ© lâĂ©chec de la doctrine dâemploi des forces de lâordre et montrĂ© lâinsuffisance criante de leurs moyens dâintervention. Il faut changer la doctrine dâintervention et leur donner rĂ©ellement les moyens dâagir sur le terrain. Il est aussi indispensable que le travail des services de renseignement soit pleinement exploitĂ©, afin de prĂ©venir les infiltrations de cortĂšges par des individus dangereux, et de procĂ©der aux interpellations en amont de la manifestation. Le Premier ministre doit rĂ©pondre aux demandes de rencontre qui lui ont Ă©tĂ© exprimĂ©es par les maires.
La responsabilitĂ© de lâautoritĂ© judiciaire est de sanctionner les auteurs Ă la mesure de la gravitĂ© extrĂȘme de leurs actes.
La responsabilitĂ© de toutes les forces politiques, sociales et syndicales est de condamner sans rĂ©serve ces agissements et de tout mettre en oeuvre dans les prochaines semaines pour participer au nĂ©cessaire apaisement dont le pays a besoin. Il est essentiel que la violence ne vienne plus empĂȘcher lâexpression dâaspirations sociales dans un pays en tension.
La responsabilitĂ© des habitants et de ceux quâils ont Ă©lus est de se lever contre ces actes qui nous menacent tous et de dire « stop ». Nous devons mobiliser la force civique de notre pays, bien plus puissante que ceux qui sĂšment le chaos. Les maires y contribueront autant quâil le leur sera possible.
Maintenant, place aux actes et au rĂ©tablissement de lâordre rĂ©publicain.