Information et Prévention cadre piratage du Fichier des Comptes Bancaires
Nous venons de cocher une nouvelle case, avec beaucoup d'inquiétude : le fichier national des comptes bancaires (Ficoba) vient d’être piraté.
Concrètement, 1,2 million de comptes auraient été volés et d'autres consultés par un attaquant ayant usurpé les identifiants d’un fonctionnaire :
-- RIB / IBAN
-- identité du titulaire
-- adresse postale
-- et peut-être l'identifiant fiscal
ont pu être volés !
Cela veut dire pour nos concitoyens :
-- hausse de phishing ultra crédible (vrais RIB, vraie adresse, vrai contexte bancaire),
-- risque d’usurpation d’identité renforcé,
-- les mails / SMS / appels qui “tombent juste” vont devenir encore plus convaincants.
3 réflexes à marteler autour de vous :
1️⃣ On ne clique pas sur un lien reçu par mail/SMS pour “sécuriser son compte” ou valider quelque chose dans l'urgence,
2️⃣ On ne donne jamais jamais jamais jamais jamais de code, d’identifiant bancaire, ... par téléphone,
3️⃣ Au moindre doute, on contacte sa banque par la messagerie sécurisée et/ou on l'appelle directement sa banque via le numéro officiel et pas avec celui stipulé dans le message.
Croire qu'on ne peut rien faire avec un IBAN, c'est ne pas avoir compris comment marche la cybermalveillance aujourd'hui, et pourquoi le piratage des données Ficoba est à prendre au sérieux.
Voici cinq types d’escroqueries (parmi d'autres) particulièrement simples à mettre en œuvre par des cybercriminels disposant du nom, de la banque et de l’IBAN des victimes.
SCÉNARIO N°1 : Usurpation de conseiller bancaire
L’escroc dispose du nom des victimes, de leur banque et de leur IBAN.
Il les contacte en se faisant passer pour le service fraude de leur établissement bancaire :
« Bonjour Mme Michu, ici le service fraude de [la banque des victimes]. Un prélèvement suspect a été détecté. Merci de confirmer le code SMS pour le bloquer. »
Les victimes communiquent le code reçu ; l’escroc l’utilise alors pour valider un virement sortant à leur insu.
Une variante consiste à envoyer un coursier au domicile des victimes afin de récupérer leur carte bancaire physique.
SCÉNARIO N°2 : Hameçonnage bancaire ciblé
Les victimes reçoivent un SMS ou un courriel contenant leurs données bancaires, renforçant la crédibilité du message :
« Suite au piratage FICOBA de Bercy, le compte [Banque X] nécessite une vérification urgente. »
Le lien inséré renvoie vers un site frauduleux imitant parfaitement celui de leur banque, permettant la collecte de l’ensemble de leurs identifiants et informations bancaires.
SCÉNARIO N°3 : Prélèvements frauduleux
Un escroc se déclare créancier et initie un prélèvement SEPA à partir de l’IBAN des victimes.
Le montant, généralement faible (par exemple 9,99 € par mois) et libellé au nom d’un service crédible, se fond dans les dépenses courantes des victimes et peut passer inaperçu pendant une longue période.
SCÉNARIO N°4 : Mandat de prélèvement SEPA falsifié
L’escroc fabrique un mandat de prélèvement SEPA frauduleux à partir de l’IBAN des victimes.
Il en résulte la mise en place d’un abonnement (salle de sport, assurance, service en ligne, etc.) que les victimes n’ont jamais souscrit, mais qui entraîne des débits mensuels sur leur compte.
SCÉNARIO N°5 : Redirection frauduleuse de salaire
Après compromission de la messagerie des victimes, l’escroc contacte leur employeur ou leur client :
« Bonjour, j’ai changé de banque ; merci de prendre en compte mon nouveau RIB. »
Les versements (salaire ou prestations) sont alors redirigés vers le compte contrôlé par l’escroc.
Si même un fichier aussi sensible que Ficoba peut être touché, il faut arrêter de penser “ça n’arrive qu’aux autres”.
La cybersécurité, ce n’est plus un sujet d’experts : cela doit devenir un réflexe du quotidien.
Soyez cyber-vigilant,