142 km/h : JAMAIS VU DEPUIS 99 CHECK UP A FAIRE !
Tout dâabord, suite au passage de la tempĂȘte, et afin de dĂ©poser une demande de reconnaissance de lâĂ©tat de catastrophe naturelle, merci de nous signaler les dĂ©gĂąts que vous avez constatĂ©s par mail Ă mairiedechevru@laposte.net, par tĂ©lĂ©phone au 01 64 04 60 91, ou directement en mairie de 8 h 30 Ă 11 h 30, tous les jours sauf le mardi*, mercredi et le dimanche. Il en est de mĂȘme, comme dĂ©jĂ expliquĂ© antĂ©rieurement, pour les Ă©ventuels dĂ©gĂąts liĂ©s Ă la sĂ©cheresse dĂ» Ă la canicule.
*la Mairie est exceptionnellement fermée le mardi en septembre.
Ceci Ă©tant, il faut mettre en avant le contexte de cette tempĂȘte exceptionnelle. Lâorage qui a traversĂ© Chevru jeudi 27 aoĂ»t en dĂ©but de soirĂ©e a Ă©tĂ© particuliĂšrement violent. MĂ©tĂ©o-France a confirmĂ© une rafale de 142 km/h sur la commune, accompagnĂ©e dâenviron 26,2 mm de pluie en une heure, soit plus de 26 litres dâeau par mĂštre carrĂ©.
MĂȘme si Chevru nâa heureusement pas connu les images de destructions que lâon peut parfois voir aprĂšs certains orages, cela ne signifie pas que tout est forcĂ©ment intact. AprĂšs une rafale aussi forte, certains dĂ©gĂąts sautent aux yeux. Dâautres sont beaucoup plus discrets et peuvent ne se rĂ©vĂ©ler quâaprĂšs quelques jours, Ă la prochaine pluie ou lors du prochain coup de vent. Avant toute chose, prenez donc quelques minutes pour faire le tour de votre habitation et de vos extĂ©rieurs.
Des dĂ©gĂąts parfois beaucoup moins visibles quâon ne le pense
Commencez par regarder la toiture depuis le sol, sans monter vous-mĂȘme dessus : une tuile ou une ardoise peut avoir lĂ©gĂšrement glissĂ©, sâĂȘtre soulevĂ©e ou fissurĂ©e sans ĂȘtre tombĂ©e. Regardez aussi le faĂźtage, les solins autour dâune cheminĂ©e ou dâune fenĂȘtre de toit, les gouttiĂšres et descentes dâeau, la cheminĂ©e et son chapeau, les fenĂȘtres de toit, antennes, paraboles, panneaux solaires, volets, stores, moustiquaires et marquises. Une petite modification peut sembler sans importance aujourdâhui et pourtant laisser entrer de lâeau lors de la prochaine pluie. Si vos combles sont facilement accessibles, regardez sâil existe une nouvelle trace dâhumiditĂ©, une aurĂ©ole, un morceau dâisolant mouillĂ©, du bois humide ou une lumiĂšre inhabituelle entre les Ă©lĂ©ments de toiture.
Autour de la maison, pensez Ă©galement Ă ce qui a pu ĂȘtre tordu, descellĂ© ou fragilisĂ© sans ĂȘtre complĂštement cassĂ© : portail et sa motorisation, portillon, grillage, poteaux de clĂŽture, claustras, brise-vue, boĂźte aux lettres, sonnette, interphone, camĂ©ra, Ă©clairage extĂ©rieur, prise Ă©lectrique, pergola, auvent, carport, vĂ©randa, serre, abri de jardin, cabanon, rĂ©cupĂ©rateur dâeau ou composteur.
Dans le jardin, vĂ©rifiez aussi les Ă©quipements auxquels on ne pense pas toujours immĂ©diatement : salon de jardin, table et chaises, parasol et son pied, barbecue, plancha, coffre de rangement, trampoline, balançoire, jeux pour enfants, jardiniĂšres, pots, dĂ©corations, poubelles, bĂąches et protections diverses. Pour une piscine, regardez notamment la bĂąche ou couverture, ses fixations, le volet et ses lames, lâenrouleur, les margelles, le local technique, la pompe et les diffĂ©rents Ă©quipements extĂ©rieurs. Une couverture dĂ©chirĂ©e, une fixation arrachĂ©e ou un volet ayant forcĂ© pendant lâorage peuvent Ă©ventuellement relever du contrat si ces Ă©quipements sont assurĂ©s.
MĂȘme chose pour les Ă©quipements techniques : unitĂ© extĂ©rieure de pompe Ă chaleur ou de climatisation, borne de recharge, portail Ă©lectrique, pompe de piscine, Ă©clairage extĂ©rieur, panneaux photovoltaĂŻques ou autres motorisations. Et puisquâil sâagissait dâun orage, soyez Ă©galement attentifs dans les prochains jours Ă un appareil Ă©lectrique ou Ă©lectronique qui prĂ©senterait soudainement un dysfonctionnement. Selon les contrats et lâorigine du dommage, certaines garanties peuvent intervenir.
Enfin, regardez vos arbres. Une branche peut avoir Ă©tĂ© fendue ou partiellement arrachĂ©e sans ĂȘtre tombĂ©e. Un arbre peut Ă©galement avoir lĂ©gĂšrement basculĂ© ou avoir travaillĂ© au niveau de ses racines. Une nouvelle inclinaison, une fissure importante, une branche suspendue ou de la terre qui sâest soulevĂ©e autour du tronc doivent attirer lâattention.
Dans tous les cas, ne montez pas sur une toiture et nâintervenez pas vous-mĂȘme sur un arbre fragilisĂ© si cela prĂ©sente un risque.
Un dommage ? Ne partez pas du principe que « lâassurance ne prendra pas ça ». Les contrats dâassurance habitation comportent une garantie tempĂȘte couvrant les dommages causĂ©s par le vent au bĂątiment assurĂ©. Pour les piscines, vĂ©randas, clĂŽtures, dĂ©pendances, Ă©quipements de jardin ou certains amĂ©nagements extĂ©rieurs, la prise en charge dĂ©pend en revanche de ce qui est prĂ©vu ou dĂ©clarĂ© dans votre contrat.
Autrement dit, ce nâest pas parce quâun dommage paraĂźt petit, banal ou concerne un Ă©quipement extĂ©rieur quâil faut dĂ©cider soi-mĂȘme quâil ne sera pas couvert. Une bĂąche de piscine dĂ©chirĂ©e, une clĂŽture endommagĂ©e, un volet qui ne fonctionne plus correctement ou un Ă©quipement extĂ©rieur cassĂ© peuvent ĂȘtre garantis dans certains contrats et pas dans dâautres.
Si le dommage est rĂ©el et quâil est apparu Ă la suite de lâorage, signalez-le Ă votre assureur au plus vite et laissez-le vĂ©rifier vos garanties. Il nâest pas nĂ©cessaire dâattendre une Ă©ventuelle reconnaissance de catastrophe naturelle pour les dommages directement causĂ©s par le vent. La garantie tempĂȘte fonctionne indĂ©pendamment de cette procĂ©dure.
Pour mettre toutes les chances de votre cĂŽtĂ©, le premier rĂ©flexe est de photographier avant de rĂ©parer, jeter ou dĂ©placer, lorsque cela est possible. Prenez une ou deux photos gĂ©nĂ©rales permettant de situer le dommage, puis plusieurs vues rapprochĂ©es. Une vidĂ©o peut Ă©galement ĂȘtre utile si, par exemple, un portail ferme dĂ©sormais mal, une clĂŽture bouge anormalement ou de lâeau sâinfiltre. Conservez Ă©galement tout ce qui peut dĂ©montrer lâexistence, lâĂ©tat et la valeur du bien : facture, ticket, facture de travaux, rĂ©fĂ©rence du produit, photographie antĂ©rieure, document dâentretien ou simplement une ancienne photo de votre jardin sur laquelle lâĂ©quipement apparaĂźt.
Si vous nâavez plus de facture, cela ne signifie pas automatiquement que vous ne pouvez rien dĂ©clarer. Une photographie ancienne, un relevĂ© bancaire, une rĂ©fĂ©rence commerciale ou dâautres Ă©lĂ©ments peuvent parfois permettre de documenter le bien. Ăvitez Ă©galement de jeter immĂ©diatement ce qui a Ă©tĂ© endommagĂ©. Si un Ă©lĂ©ment doit ĂȘtre retirĂ© pour des raisons de sĂ©curitĂ©, photographiez-le soigneusement avant.
Vous devez en revanche prendre les mesures raisonnables permettant dâĂ©viter que les dĂ©gĂąts ne sâaggravent : protĂ©ger provisoirement une ouverture, bĂącher une toiture si un professionnel peut le faire, dĂ©placer du mobilier menacĂ© par une infiltration ou sĂ©curiser une zone dangereuse.
Gardez les factures des interventions dâurgence et des matĂ©riaux achetĂ©s. Sauf urgence, Ă©vitez dâengager une rĂ©paration dĂ©finitive importante avant dâavoir contactĂ© votre assurance si celle-ci souhaite faire intervenir un expert. Contactez enfin votre assureur le plus rapidement possible, par tĂ©lĂ©phone, espace client, application, courriel ou tout autre moyen quâil propose. Le dĂ©lai prĂ©vu par le contrat pour dĂ©clarer un sinistre ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieur Ă cinq jours ouvrĂ©s Ă compter du moment oĂč vous en avez connaissance.
Vous nâavez pas besoin dâattendre dâavoir tous les devis pour ouvrir le dossier. Faites une premiĂšre dĂ©claration, obtenez votre numĂ©ro de sinistre, puis complĂ©tez ensuite avec les photographies, devis et justificatifs demandĂ©s. Et pensez Ă refaire un contrĂŽle aprĂšs les prochaines pluies : une infiltration ou une tuile dĂ©placĂ©e peut trĂšs bien ne devenir visible quâĂ ce moment-lĂ .
LâidĂ©e nâest Ă©videmment pas de chercher artificiellement des dĂ©gĂąts, mais de ne pas payer soi-mĂȘme une rĂ©paration rĂ©ellement provoquĂ©e par cet Ă©pisode simplement parce que le dommage paraissait trop petit ou parce que lâon supposait Ă tort quâil ne pouvait pas ĂȘtre assurĂ©.
Mais 142 km/h, ça représente quoi exactement ?
Ă lâintĂ©rieur des terres, une rafale approchant ou dĂ©passant 100 km/h est dĂ©jĂ considĂ©rĂ©e comme un vent violent susceptible de provoquer des dĂ©gĂąts. Jeudi, Chevru a dĂ©passĂ© ce niveau de plus de 40 km/h.
Dans son bilan national publié le lendemain, Météo-France a retenu parmi les principales rafales observées :
-Chevru : 142 km/h
-Nangis : 130 km/h
-Grenoble : 104 km/h
-Rodalbe : 100 km/h
-Lyon-Bron : 93 km/h
Cela suffit Ă montrer que notre secteur a Ă©tĂ© directement concernĂ© par lâune des parties les plus violentes de lâĂ©pisode orageux en France ce jour-lĂ .
En Seine-et-Marne mĂȘme, la comparaison avec Nangis est particuliĂšrement parlante : 142 km/h Ă Chevru contre 130 km/h Ă Nangis, distante dâune vingtaine de kilomĂštres environ. Et lorsquâon se rapproche encore, les diffĂ©rences peuvent devenir beaucoup plus Ă©tonnantes. Ă Chevru, il est tombĂ© 26,2 mm en une heure. Ă Jouy-le-ChĂątel, Ă seulement quelques kilomĂštres, environ 23,4 mm ont Ă©galement Ă©tĂ© relevĂ©s en une heure. Les deux communes ont donc reçu une quantitĂ© de pluie assez proche. Pourtant, cela ne signifie absolument pas quâelles ont subi exactement le mĂȘme vent.
Comment quelques kilomÚtres peuvent-ils faire une telle différence ?
Un orage nâest pas une grande masse uniforme dans laquelle il pleut et vente partout de la mĂȘme maniĂšre. La zone de pluie peut couvrir plusieurs dizaines de kilomĂštres, tandis que les phĂ©nomĂšnes les plus violents Ă lâintĂ©rieur de lâorage peuvent se concentrer sur une zone beaucoup plus petite. La cellule qui a traversĂ© la Seine-et-Marne Ă©tait particuliĂšrement organisĂ©e et prĂ©sentait des caractĂ©ristiques compatibles avec un orage supercellulaire. Une supercellule est un orage puissant dans lequel le courant dâair ascendant est organisĂ© et en rotation. MĂ©tĂ©o-France explique que ce type dâorage peut mesurer typiquement 20 Ă 40 kilomĂštres, tout en produisant localement de la grĂȘle, de trĂšs fortes pluies ou de violentes rafales.
Ă lâintĂ©rieur de cet ensemble, de lâair froid peut Ă©galement descendre brutalement du nuage, atteindre le sol puis sâĂ©taler trĂšs rapidement dans diffĂ©rentes directions. Cela peut produire ce que lâon appelle une rafale descendante. Le cĆur du phĂ©nomĂšne peut ĂȘtre relativement Ă©troit. Câest donc parfaitement possible dâavoir 142 km/h Ă un endroit et beaucoup moins quelques kilomĂštres plus loin, alors que les deux communes ont Ă©tĂ© traversĂ©es par le mĂȘme orage. Câest Ă©galement valable Ă lâintĂ©rieur mĂȘme de Chevru : 142 km/h est la valeur mesurĂ©e exactement Ă lâemplacement de la station mĂ©tĂ©orologique. Elle ne signifie pas que chaque maison, chaque rue et chaque jardin ont subi prĂ©cisĂ©ment la mĂȘme vitesse. Une habitation protĂ©gĂ©e par une haie ou dâautres bĂątiments, situĂ©e diffĂ©remment par rapport Ă la trajectoire de la rafale, peut avoir connu un vent sensiblement plus faible.
Plus de 35 ans de mesures : oĂč se place le 27 aoĂ»t 2026 ?
Chevru possĂšde une station mĂ©tĂ©orologique identifiĂ©e MF77113002, situĂ©e Ă 158 m dâaltitude Ă la sortie de Chevru en direction de Faujus, et celle-ci dispose dâarchives depuis la fin de lâannĂ©e 1990. On peut donc comparer ce qui sâest passĂ© jeudi Ă plus de 35 annĂ©es de mesures locale et la comparaison est particuliĂšrement parlante.
Les principaux maxima historiques connus Ă Chevru comprennent notamment :
-26 dĂ©cembre 1999 : 155,9 km/h (TempĂȘte Lothar)
-27 août 2026 : 142 km/h
-28 février 2010 : 111,6 km/h
-22 janvier 1995 : 103 km/h
-14 avril 1992 : 103 km/h
-21 octobre 2021 : 103,3 km/h
-26 novembre 1992 : 99,7 km/h
-15 août 2001 : 97,2 km/h
Il faut donc remonter au 26 dĂ©cembre 1999, lors de la tempĂȘte Lothar, pour retrouver Ă Chevru une rafale supĂ©rieure Ă celle enregistrĂ©e jeudi. Entre dĂ©cembre 1999 et aoĂ»t 2026, aucun des records mensuels connus de la station nâatteint 142 km/h. MĂȘme le fort Ă©pisode du 28 fĂ©vrier 2010, avec 111,6 km/h, reste plus de 30 km/h en dessous de jeudi.
Car oui, pour la tempĂȘte Lothar, il sâagit de 155,9km/h mĂȘme si certains Ă©voquent 172,8km/h. La raison est simple : pendant longtemps, on utilisait surtout le maximum instantanĂ© du vent. Aujourdâhui, la rĂ©fĂ©rence est le maximum des moyennes sur trois secondes. MĂ©tĂ©o-France considĂšre cette mesure comme plus reprĂ©sentative des dĂ©gĂąts rĂ©ellement susceptibles dâĂȘtre provoquĂ©s par une rafale et conforme aux recommandations internationales. Pour pouvoir continuer Ă comparer les Ă©vĂ©nements actuels au passĂ©, MĂ©tĂ©o-France a donc reconstituĂ© lâhistorique avec cette nouvelle mĂ©thode, en retraitant plusieurs centaines de millions de donnĂ©es. Câest pourquoi la tempĂȘte du 26 dĂ©cembre 1999 apparaĂźt Ă Chevru Ă environ 172,8 km/h dans lâancienne sĂ©rie instantanĂ©e, mais Ă 155,9 km/h dans la nouvelle sĂ©rie sur trois secondes. Pour comparer correctement les 142 km/h de jeudi aux anciens Ă©pisodes, câest donc la sĂ©rie sur trois secondes quâil faut utiliser. Et avec cette rĂ©fĂ©rence, jeudi reste bien la plus forte rafale connue Ă Chevru depuis dĂ©cembre 1999.
Pourquoi voit-on parfois beaucoup plus de dégùts avec seulement 100 ou 110 km/h ?
Parce que la vitesse maximale du vent ne suffit pas, Ă elle seule, Ă prĂ©voir lâampleur des dĂ©gĂąts. Il faut aussi prendre en compte :
-La durĂ©e compte beaucoup. Un vent de 100 ou 110 km/h qui souffle pendant plusieurs minutes, sur une zone Ă©tendue, peut solliciter davantage les arbres et les toitures quâune pointe Ă 142 km/h trĂšs brĂšve.
-La trajectoire joue aussi Ă©normĂ©ment. Si le cĆur de la rafale traverse surtout des champs ou des espaces dĂ©gagĂ©s, les dĂ©gĂąts visibles seront moins nombreux que si le mĂȘme vent frappe directement une rue, des habitations ou un secteur trĂšs boisĂ©.
-LâĂ©tat des lieux est Ă©galement dĂ©terminant. Un arbre fragilisĂ©, un sol dĂ©trempĂ©, une toiture vieillissante ou une tuile dĂ©jĂ lĂ©gĂšrement descellĂ©e peuvent cĂ©der avec un vent moins fort, tandis quâun arbre sain ou une toiture en bon Ă©tat peuvent rĂ©sister Ă une rafale supĂ©rieure.
-La direction du vent, lâexposition des bĂątiments, la prĂ©sence de haies ou de constructions voisines, mais aussi la grĂȘle, les fortes pluies et les objets emportĂ©s par le vent peuvent encore aggraver les dommages.
Jeudi, les dĂ©gĂąts nâont dâailleurs pas Ă©tĂ© inexistants : arbres et branches cassĂ©s, tuiles ou bĂątiments annexes endommagĂ©s, grĂȘle dans certains secteurs et cultures couchĂ©es ont Ă©tĂ© signalĂ©s localement. Ils ont simplement Ă©tĂ© trĂšs inĂ©gaux selon les endroits.
Câest ce qui peut sembler surprenant : 142 km/h est une valeur exceptionnelle, mais elle dĂ©crit un maximum trĂšs localisĂ©. Ă lâinverse, un Ă©pisode moins violent sur le papier peut parfois provoquer davantage de dĂ©gĂąts sâil dure plus longtemps, touche une zone plus vaste ou rencontre des bĂątiments, des arbres ou des sols dĂ©jĂ fragilisĂ©s.
142 km/h : pourquoi ne parle-t-on pas de tornade ou mini-tornade ?
La vitesse du vent ne permet pas de dĂ©terminer sâil y a eu une tornade. Une tornade correspond Ă un vĂ©ritable tourbillon de vent qui se dĂ©veloppe sous un cumulonimbus et se prolonge jusquâau sol. Elle peut ĂȘtre associĂ©e Ă une supercellule, mais toutes les supercellules ne produisent pas de tornade. Ă lâinverse, un orage peut provoquer des micro-rafales, macro-rafales ou fronts de rafale particuliĂšrement violents sans aucun phĂ©nomĂšne tornadique.
MĂ©tĂ©o-France rappelle dâailleurs que lâexpression « mini-tornade » nâa pas de signification mĂ©tĂ©orologique. De nombreux phĂ©nomĂšnes dĂ©crits ainsi aprĂšs coup sont en rĂ©alitĂ© des rafales descendantes. Dans une rafale descendante, lâair vient du nuage, descend rapidement vers le sol puis sâĂ©tale. Dans une tornade, le mouvement de lâair est au contraire tourbillonnaire et ascendant. Pour identifier une tornade, les spĂ©cialistes ne regardent donc pas seulement la vitesse maximale. Ils analysent notamment les images radar, les tĂ©moignages et surtout la disposition des dĂ©gĂąts au sol. Une tornade laisse gĂ©nĂ©ralement un couloir relativement Ă©troit avec des arbres, objets et structures prĂ©sentant une organisation caractĂ©ristique des vents convergents et tournants. Ă ce jour, aucune tornade nâa Ă©tĂ© officiellement confirmĂ©e Ă Chevru. Une rafale de 142 km/h est parfaitement possible sous un violent orage sans quâune tornade ne se soit produite.
Et le mùt actuellement installé pour étudier un éventuel projet éolien ?
La prĂ©sence Ă Chevru dâun mĂąt destinĂ© Ă effectuer des mesures de vent dans le cadre de lâĂ©tude dâun Ă©ventuel projet Ă©olien peut naturellement soulever une question : 142 km/h Ă Chevru signifie-t-il que le secteur est particuliĂšrement favorable aux Ă©oliennes ? Non. Une rafale exceptionnelle de quelques secondes ne permet absolument pas de dĂ©terminer le potentiel Ă©olien dâun territoire.
Pour produire rĂ©guliĂšrement de lâĂ©lectricitĂ©, ce qui compte surtout est la maniĂšre dont le vent se comporte sur une longue pĂ©riode : vitesse moyenne, rĂ©gularitĂ©, frĂ©quence, direction, variations selon les saisons et comportement Ă diffĂ©rentes hauteurs. Câest justement lâintĂ©rĂȘt dâun mĂąt de mesure : obtenir ces informations sur plusieurs mois et Ă plusieurs niveaux au-dessus du sol. Un secteur peut donc connaĂźtre une rafale exceptionnelle de 142 km/h tout en prĂ©sentant un vent moyen peu intĂ©ressant le reste de lâannĂ©e. Ă lâinverse, un secteur qui ne connaĂźt pratiquement jamais de rafales extrĂȘmes peut bĂ©nĂ©ficier dâun vent suffisamment rĂ©gulier pour avoir un potentiel Ă©olien. Les vents extrĂȘmes sont mĂȘme Ă©tudiĂ©s sous un autre angle : ils constituent des contraintes mĂ©caniques auxquelles les installations doivent pouvoir rĂ©sister.
LâĂ©vĂ©nement du 27 aoĂ»t sera donc une donnĂ©e mĂ©tĂ©orologique intĂ©ressante dans lâĂ©tude du secteur, mais il ne rend Ă lui seul ni plus probable, ni moins probable, ni plus justifiĂ© un Ă©ventuel projet Ă©olien. Ce sont les mesures rĂ©alisĂ©es sur la durĂ©e, puis lâensemble des Ă©tudes techniques, environnementales et des procĂ©dures rĂ©glementaires, qui permettent dâĂ©valuer un projet.