Ăpisode exceptionnel en zones humides : du jamais vu de dires dâexperts !
Depuis la mi-dĂ©cembre, le littoral mĂ©diterranĂ©en sur la zone dâaction de lâEID MĂ©diterranĂ©e connaĂźt un Ă©pisode de pluie exceptionnel, et mĂȘme inĂ©dit. Les cumuls de pluie mesurĂ©s en plusieurs points de la zone dâaction en 2 mois sont Ă©quivalents voire supĂ©rieurs Ă la pluviomĂ©trie annuelle dâune annĂ©e sĂšche (entre 360 et 460 mm selon les zones).
FrĂ©quemment accompagnĂ©es de vents marins soutenus favorisant les remontĂ©es marines et lagunaires, ces prĂ©cipitations ont entraĂźnĂ© plusieurs Ă©pisodes de submersion, installant durablement des niveaux dâeau Ă©levĂ©s sur les zones humides littorales.
Dans ce contexte, les surfaces mises en eau ont Ă©tĂ© particuliĂšrement Ă©tendues. Ainsi, les prospections rĂ©alisĂ©es par les agents de lâEID ont mis en Ă©vidence la prĂ©sence de larves sur prĂšs de 6 000 hectares entre janvier et fĂ©vrier 2026, contre 2 900 hectares sur la mĂȘme pĂ©riode de la saison 2025.
Lâampleur et la persistance de ces submersions ont favorisĂ© des Ă©closions gĂ©nĂ©ralisĂ©es dâAedes detritus, espĂšce de moustique hivernale caractĂ©ristique des zones temporairement inondĂ©es.
Cette situation hydrologique a Ă©galement eu des rĂ©percussions opĂ©rationnelles directes. La saturation prolongĂ©e des sols et lâallongement marquĂ© des dĂ©lais de ressuyage ont fortement contraint les opĂ©rations de prospections et la portance insuffisante des terrains nâa pas permis lâengagement des engins de traitement terrestre dans des conditions satisfaisantes de sĂ©curitĂ© et dâefficacitĂ©, limitant la mise en Ćuvre des actions en rĂ©gie.
A ces difficultĂ©s sâest ajoutĂ© un recours restreint aux moyens aĂ©riens, tels que les avions, hĂ©licoptĂšres et drones.
Un peu plus de 2 700 ha de zones humides, caractĂ©risĂ©es comme prioritaires selon lâexpertise de terrain et les outils mĂ©tier dâaide Ă la dĂ©cision prenant en compte Ă la fois le potentiel dâĂ©closion larvaire et les enjeux de protection des zones urbanisĂ©es environnantes, ont pu ĂȘtre traitĂ©s Ă ce jour.
Sur les gĂźtes non traitĂ©s (densitĂ©s plus faibles) et dans une moindre mesure sur les gĂźtes traitĂ©s, car lâaction du bioinsecticide permet de rĂ©duire drastiquement les densitĂ©s larvaires, des Ă©mergences de moustiques adultes se produisent actuellement au grĂ© des tempĂ©ratures douces.
La douceur exceptionnelle du mois de fĂ©vrier (troisiĂšme rang des mois de fĂ©vrier les plus doux depuis 1930, aprĂšs 1990 et 2024), crĂ©e des conditions particuliĂšrement propices au dĂ©veloppement et Ă lâactivitĂ© prĂ©coce des populations dâAedes detritus. DotĂ©e dâune forte capacitĂ© de dispersion de plusieurs kilomĂštres vers lâintĂ©rieur des terres depuis ses gĂźtes larvaires â cette espĂšce est susceptible de gĂ©nĂ©rer des nuisances Ă lâĂ©chelle rĂ©gionale lors dâĂ©mergences massives.
La prĂ©sence de ces gĂ©nĂ©rations hivernales dâAedes detritus qui Ă©mergent progressivement devrait se concentrer principalement au mois de mars, statistiquement moins favorable au ressenti des moustiques adultes : vents de terre, tempĂ©ratures assez froides, giboulĂ©es.
Cette situation hivernale exceptionnelle ne saurait en rien prĂ©figurer la suite de lâannĂ©e (printemps et Ă©tĂ©) en matiĂšre de risque de nuisance liĂ©es aux moustiques communs issus des zones humides.
Les agents de lâEID restent mobilisĂ©s et tous les moyens de traitement sont engagĂ©s (avion, hĂ©licoptĂšre, drones, engins amphibieâŠ) pour attĂ©nuer au maximum les nuisances rĂ©siduelles liĂ©es aux moustiques issus des zones humides.
La Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée Hérault Département des Bouches-du-RhÎne Conseil départemental du Gard Département des Pyrénées-Orientales Département de l'Aude