Article écrit par un Spécialiste en Foret
Chenilles processionnaires : attention danger
Est-ce l'effet du réchauffement climatique, la limite nord de la présence des chenilles processionnaires remonte ? Depuis 2 ans la présence de ces insectes a été signalée sur le territoire communal sur des conifères et des chênes dans des jardins et la forêt.
Dégâts
Les chenilles se nourrissent des aiguilles des pins et des feuilles des arbres, ce qui conduit à un affaiblissement important des arbres pouvant ouvrir la voie à d'autres ravageurs et parasites.
Un animal dangereux
La chenille n'est que peu dangereuse pour l'arbre, par contre elle est source de problèmes pour l'homme et probablement pour divers animaux.
En effet ces chenilles, possèdent un « appareil urticant » composé de « micro poils » qui sont projetés en l’air lorsque la chenille se sent menacée. Leur caractère fortement urticant est du au fait que le poil en se cassant dans l'organisme y libère une toxine urticante, qui peut provoquer d'importantes réactions allergiques (mains, cou, visage) mais aussi des troubles oculaires ou respiratoires. Les atteintes à l'œil peuvent avoir d'importantes conséquences si les poils ne sont pas rapidement enlevés. Il est dangereux de manipuler un nid même vide car il reste urticant.
Le danger est aussi important pour les animaux de compagnie : un chien atteint à la langue (qu'il peut avoir utilisé pour lécher les démangeaisons sur son corps) s'il n'est pas soigné rapidement par des fortes doses de cortisone, risque alors la nécrose de la langue. Il ne pourra donc plus se nourrir. Il est important de rincer la langue et la bouche du chien avec de l'eau propre, sans frotter, ce qui briserait les poils urticants de la chenille et qui libérerait ainsi plus de toxines, aggravant l'état de l'animal.
MOYENS DE LUTTE :
Ennemis naturels :
La mésange est un prédateur naturel de cette chenille, elle est insensible à leurs poils urticants et peut manger 500 insectes par jour. L'installation massive de nichoirs à mésanges (un nichoir tous les 30 m) parvient à contrôler localement les chenilles processionnaires. Certaines espèces de chauves-souris chassent les papillons adultes et agissent comme régulateurs des populations de processionnaires, elles mangent 1000 insectes par jour. Il est possible de favoriser leur implantation par l'installation de nichoirs et en gardant les petites cavités sous les toits des maisons.
Lutte mécanique :
Pour les surfaces réduites (parcs et jardins), elle consiste à enlever et à détruire les pontes et les nids à la main ou à l'aide d'outils (échenilloir), et avec une tenue de protection, lunettes, masque et gants. Les nids sont généralement incinérés, en évitant tout contact direct avec les poils urticants des chenilles.
En hiver, en période de gel, il est possible de percer les nids en tirant au fusil pour les trouer et abaisser leur température et ainsi les rendre plus vénérable aux prédateurs.
Piégeage
Un piège à base de phéromones sexuelles de synthèse (molécule libérée par les papillons femelles pour attirer les partenaires), suspendu dans les pins, attire dès le début du vol les papillons mâles (généralement mi mai en climat océanique à mi juillet en climat bord - méditerranée) et jusqu'à la fin du vol (fin octobre pour plus de sécurité).
Le piégeage de masse serait efficace à condition que le nombre de pièges soit suffisant pour la surface où ils sont disposés.
Un piège appelé « éco piège » et correspondant à une gouttière reliée à un sac peut être installé pour intercepter les chenilles lorsqu'elles descendent de l'arbre. Cette méthode n’est efficace que pour un seul arbre. Des colliers peuvent être mis autour des troncs avant l’hiver, saison où les chenilles descendent des pins pour s’enfouir au sol.
Régulation biologique
Des expériences ont montré que l'odeur du bouleau a un effet répulsif sur la processionnaire.
Traitement
Des pulvérisations sont possibles mais le coût du produit et des moyens employés sont relativement chers.
Dans tous les cas, il faut être très prudent et préférer les moyens naturels d’élimination avec les mésanges, les chauves-souris et les pièges à phéromones.