Direction Départementale
des Territoires
Meurthe-et-Moselle
INFO SECHERESSE
Le 01 octobre 2026 : le niveau de CRISE est maintenu sur tout le département de Meurthe-et-Moselle
Compte tenu de la situation hydrologique et météorologique, Yves SEGUY, préfet de Meurthe-et-Moselle, a décidé de maintenir les zones de gestion :
du département de la Meurthe-et-Moselle en situation de CRISE sécheresse
Contexte
L’année a été marquée par une succession de mois déficitaires, particulièrement depuis mars 2026. La sécheresse touche désormais plusieurs composantes du cycle de l’eau : les sols, les cours d’eau et les nappes souterraines. Les cours d’eau présentent des niveaux particulièrement faibles et de nombreux secteurs ont connu des situations d’assec. Des conséquences sont également observées sur les milieux aquatiques, notamment avec plusieurs épisodes de mortalité piscicole.
La situation actuelle résulte donc de l’accumulation des déficits et dégradation des indicateurs au cours des derniers mois et non d’un seul type de sécheresse ou d’un seul indicateur.
Cette situation commence à avoir des conséquences concrètes pour différents usages de l’eau :
• Eau potable : des tensions quantitatives sont apparues dans plusieurs secteurs. Des solutions exceptionnelles peuvent être nécessaires pour maintenir l’alimentation des populations, telles que des transferts d’eau, des interconnexions de secours ou l’alimentation de réservoirs par camion-citerne.
• Agriculture : la diminution des ressources disponibles affecte certains usages, notamment l’irrigation et l’abreuvement des animaux.
• Activités économiques : certaines entreprises et activités dépendantes de la ressource en eau sont également confrontées à des difficultés ou devoir adapter leurs prélèvements voir même s’arrêter.
• Milieux naturels : la baisse durable des débits et l’assèchement de certains cours d’eau fragilisent les écosystèmes aquatiques et la biodiversité.
Pourquoi maintenir le niveau de crise ?
Le niveau de gestion CRISE correspond au niveau le plus élevé du dispositif de gestion de la sécheresse. Il vise à préserver les ressources encore disponibles et à les réserver en priorité aux usages essentiels, notamment :
• l’alimentation en eau potable des populations ;
• les usages liés à la santé, à la salubrité publique et à la sécurité ;
• l’abreuvement des animaux ;
• la préservation des fonctions biologiques des cours d’eau.
Le maintien de niveau CRISE ne repose donc pas uniquement sur l’état des cours d’eau. Il tient compte de l’ensemble de la situation hydrologique, notamment de l’état des sols et des nappes, des conséquences déjà constatées sur les usages et les milieux, ainsi que des perspectives météorologiques.
La fin de l’été ne signifie pas automatiquement la fin de la sécheresse. La ressource en eau conserve la mémoire des mois précédents. Après une période prolongée de déficit, quelques épisodes pluvieux ne suffisent pas nécessairement à reconstituer les réserves.
Des précipitations suffisamment importantes et régulières sont nécessaires pour réhumidifier les sols, réalimenter progressivement les cours d’eau et permettre, sur une période plus longue, la recharge des nappes.
Photo : La Natagne à Ville au Val le 17 septembre 2026
La situation de crise impose par exemple :
• interdiction de lavage des véhicules à domicile et en station,
• interdiction d’arrosage des pelouses, jardins privés, espaces verts publics et terrains de sport, une exception est faite pour les potagers
• interdiction de remplissage des piscines privées et publiques,
• interdiction de nettoyage des espaces extérieurs (voiries, terrasses, façades, toitures…),
• interdiction d’arrosage des golfs, sauf greens
• interdiction d’irrigation par aspersion des cultures (pour quelques exceptions autorisation de 20h à 8h).
En plus de ces limitations provisoires, des mesures spécifiques sont prévues pour les industriels, les hydro-électriciens, la navigation fluviale et les travaux réalisés en cours d’eau.
Les services de l’État et les collectivités sont mobilisés pour faire respecter ces dispositions. Des contrôles sont réalisés sur tout le territoire pour s’en assurer. En cas de non-respect, des suites administratives ou pénales peuvent être mises en œuvre.
Photo : La Natagne à Ville au Val le 17 septembre 2026
Les restrictions mises en place en période de crise permettent de réduire les prélèvements, notamment ceux des principaux consommateurs d’eau, afin de préserver la ressource pour les usages prioritaires.
Mais la mobilisation de l’ensemble des usagers reste nécessaire : particuliers, collectivités, entreprises et agriculteurs. Le respect des restrictions, la limitation des usages non essentiels et les économies d’eau du quotidien contribuent à préserver une ressource qui reste fragile.
Les services de l’État et les collectivités restent mobilisés pour suivre l’évolution de la situation et adapter les mesures en fonction de l’état de la ressource.
L’impact de la sécheresse sur nos habitudes nécessitant une adaptation de nos usages forcée par le dérèglement climatique
La sécheresse actuelle rappelle que l’eau est une ressource limitée : chaque économie d’eau contribue à préserver les ressources disponibles aujourd’hui et à mieux préparer les périodes de sécheresse à venir.
Cette situation exceptionnelle doit amener chacun à interroger et limiter sa consommation d’eau à toutes les échelles de la société (activités économiques, de loisirs ou sociales). Nous devons accepter « temporairement » une baisse de certaines de nos exigences non essentielles (accepter des pelouses jaunies ou des plantes fanées, rouler avec des véhicules professionnels ou personnels moins propres, des rues ou des places non nettoyées à grandes eaux…) et de décaler certains travaux gourmands en eau programmés au pic de la crise (arrosage des chantiers, construction de piscine…).
La multiplication des petits gestes du quotidien permet aussi des économies sur l’eau potable (seul 7 % de la consommation d’eau domestique sert à l’hydratation et à la préparation des repas) : ne faire tourner les machines à laver que lorsqu’elles sont pleines, éviter les bains, diminuer le temps sous la douche, fermer le robinet lorsqu’on n’utilise pas l’eau, mettre des mousseurs, bâcher sa piscine quand on ne l’utilise pas...
C’est un effort important qui est demandé à tous, proportionnel à la situation exceptionnelle à laquelle nous faisons face. Nos habitudes doivent évoluer durablement même en dehors des périodes de crise afin de palier les conséquences de plus en plus visibles du changement climatique. L’eau est une ressource précieuse que chacun doit préserver à son niveau. Ainsi, il est nécessaire de décaler, modifier ou repenser les évènements habituels nécessitant une consommation en eau non compatible avec les restrictions pour préserver les usages prioritaires (ex : concours « balcons fleuris », fêtes horticoles,…).
La sécheresse actuelle rappelle enfin que la préservation de l’eau ne doit pas seulement être une préoccupation pendant les périodes de crise. Les économies d’eau et une gestion plus durable de la ressource sont nécessaires dans la durée, afin de mieux faire face aux épisodes de sécheresse qui peuvent devenir plus fréquents et plus longs.
L’eau qui tombe aujourd’hui ne reconstitue pas instantanément l’eau qui a manqué pendant les mois précédents.
Les arrêtés préfectoraux portant restriction des usages de l’eau sont accessibles ci-dessous :
👁️🗨️📄 Arrêté Meuse aval et Chiers
👁️🗨️📄Arrêté Moselle aval, Orne, Nied et Seille
👁️🗨️📄Arrêté Moselle amont et Meurthe
Plaquette des restrictions principales
(cliquer sur l'image)
Où suivre la situation et les mesures dans le département ?
Vous permet de connaître facilement et en direct les restrictions qui s’imposent à vous en fonction de votre commune, de l’usage, et votre profil
🔗 Site internet de la préfecture de Meurthe-et-Moselle
La rubrique Actions de l'Etat > Environnement > Eau et milieux aquatiques > Sécheresse
Plus d'informations, arrêtés, cartes, communiqués officiels.
Niveau de gravité actuel de la sécheresse par zone de gestion
NORMAL : Situation habituelle sans tension, usage de l’eau autorisé sans restriction particulière.
VIGILANCE : Pas de restriction d'usage d'eau, mise en place de mesures d’information, et incitation à faire des économies d’eau.
ALERTE : Déclenchée face à une dégradation hydrologique, avec premières restrictions sur les usages de l’eau.
ALERTE RENFORCÉE : Accentuation des restrictions afin de préserver les milieux naturels et anticiper les tensions entre usages.
CRISE : Réservation de l’eau aux usages prioritaires, avec arrêt des usages non essentiels.
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