La plupart des gens de ma génération, celle des sixties, contemporains de son âge d’or, tout à leur plaisir de danser comme « on fait l’amour » (« rock and roll » en argot afro-américain), ont écouté cette musique, pour beaucoup, sans comprendre les textes des chansons. Et pourtant, il s’agissait souvent de véritables poèmes, dont le sens avait autant d’importance pour les auteurs que leur musique. Au-delà d’une révolution musicale, culturelle et intellectuelle, les artistes qui l’ont illustrée exprimaient ainsi leurs rêves bleus mais aussi leurs cris du cœur, d’amour et de révolte. Derrière les apparences souvent iconoclastes, se cachait une sensibilité à fleur de peau que les mots laissaient filtrer. Nous avons voulu leur rendre hommage.
Elrik Fabre-Maigné