Ciné-Club en Baie – Walkabout, le dimanche 20 septembre à 16 h – Espace François Simon.
La Randonnée – Nicolas Roeg
Librement inspiré du roman Walkabout de James Vance Marshall et écrit pour le cinéma par Edward Bond, La Randonnée (Walkabout) est présenté en sélection officielle au Festival de Cannes en 1971.
Synopsis :
Deux adolescents australiens, un frère et une sœur, se retrouvent livrés à eux-mêmes dans le bush. Alors qu’ils tentent de survivre dans cet environnement hostile, ils rencontrent un jeune Aborigène en plein « walkabout », une errance initiatique et rituelle.
Un film hypnotique et singulier :
Avec La Randonnée, Nicolas Roeg propose bien plus qu’un récit de survie. À travers les paysages grandioses de l’Outback australien, il livre une méditation poétique et troublante sur la nature, la civilisation occidentale et les rapports entre les cultures.
La force du film réside d’abord dans sa dimension visuelle. La nature, filmée dans toute sa beauté brute, n’est jamais un simple décor : elle devient une véritable présence, presque spirituelle, face à laquelle les certitudes des deux adolescents vacillent. Le jeune Aborigène, en harmonie avec son environnement, incarne une autre manière de comprendre et d’habiter le monde.
La narration, volontairement elliptique et sensorielle, laisse une grande place aux silences, aux regards et aux gestes. Le montage fragmenté et la richesse des images créent une atmosphère presque hypnotique, où le spectateur est davantage invité à ressentir qu’à analyser.
À travers cette rencontre entre deux mondes, Roeg aborde des thèmes universels : le passage à l’âge adulte, la perte de l’innocence, les difficultés de communication entre les cultures et la relation de l’homme à la nature. Plus de cinquante ans après sa sortie, le film conserve une résonance particulière, notamment face aux questionnements écologiques et aux réflexions contemporaines sur notre rapport au monde.
Porté par les interprétations sobres et instinctives de Jenny Agutter, Luc Roeg et David Gulpilil, La Randonnée fait naître l’émotion dans les silences et la simplicité des gestes. La rencontre entre les jeunes protagonistes donne toute sa force à cette histoire initiatique, à la fois profondément humaine et mystérieuse.
Œuvre contemplative, poétique et déroutante, La Randonnée demeure une œuvre majeure du cinéma des années 1970 et un film essentiel du renouveau du cinéma australien. Une expérience envoûtante, entre anthropologie, mysticisme et réflexion sur la civilisation, qui ne laisse pas indifférent.
« Plus qu’une simple randonnée donc, une expérience envoûtante sur des routes peu empruntées, entre anthropologie et mysticisme. »
— Antoine Royer, DVDClassik