Lâaventure humaine de l'entreprise Richer
60 ans dâhistoire
-----------
Le maire de Charny Orée de Puisaye Aurélien Pécot ainsi que le maire délégué de Charny, Laurent Tavelin, ont été invités à célébrer le 60Úme anniversaire de l'entreprise Richer samedi dernier.
La municipalitĂ© se rĂ©jouit de cet Ă©vĂ©nement marquant, tĂ©moins de lâancrage local et du chemin parcouru par lâentreprise.
Tout a commencé en mai 1966, aux Bedins, à Perreux, dans la ferme du grand-pÚre.
Ce jour-là , Guy Richer curait son premier fossé avec un tractopelle Massey Ferguson.
Un geste simple en apparence, mais qui marquait le dĂ©but dâune longue histoire faite de travail acharnĂ© et de passion.
TrĂšs vite, la famille sâinstalle dans le bourg de Perreux. Guy ne tarde pas Ă embaucher ses premiers compagnons.
Une pelle Ă chenille, puis un camion benne viennent complĂ©ter les dĂ©buts modestes de lâentreprise.
Mais derriĂšre cette aventure, une figure essentielle veille dans lâombre : son Ă©pouse. VĂ©ritable tour de contrĂŽle de ce petit royaume,
elle jongle entre ses livraisons de pain à la boulangerie, la tenue rigoureuse des comptes et la préparation des repas du midi. Chaque jour, tout le monde se retrouve autour de la table familiale.
CâĂ©tait ça, lâesprit Richer : une famille, une table, un projet commun.
Le destin conduit ensuite lâentreprise Ă La FertĂ©, dans une ferme louĂ©e oĂč le matĂ©riel trouve refuge dans une grange. Câest lâĂ©poque du lotissement de la Brionnerie. Guy et son Ă©quipe y posent des buses, coulent du bĂ©ton pour les entrĂ©es de propriĂ©tĂ©s.
Dans les annĂ©es 70, une pelle Ă pneus vient renforcer le parc : lâentreprise grandit.
Cinq salariés sillonnent alors les routes dans un rayon de vingt kilomÚtres.
Il y a des hauts, des bas, mais la maison tient bon.
En 1982, un nouveau chapitre sâouvre Ă Charny, derriĂšre les Ă©tablissements Jobert. Le bureau sâinstalle Ă la maison, Ă la Vigne des Devaux.
Le travail suit un rythme soutenu, portĂ© notamment par lâarrivĂ©e de citadins venus transformer leur jardin en petit coin de paradis.
Mais le matériel vieillit, et un renouveau devient nécessaire.
Il arrive en 1991, avec lâachat dâun terrain Ă la Vigne des Devaux et la construction dâun hangar.
Ă cette Ă©poque, FrĂ©dĂ©ric Richer, le fils, travaille dans la mĂ©canique, mais revient chaque week-end prĂȘter main-forte.
En 1993, il fait le grand saut et rejoint dĂ©finitivement lâaventure familiale.
Lâentreprise compte alors 18 salariĂ©s et Ă©largit son champ dâaction. FrĂ©dĂ©ric parcourt des kilomĂštres, construisant des stations-service, installant des poteaux EDF, de la rĂ©gion parisienne jusquâĂ lâAllier et la CĂŽte-dâOr.
En 1997, une nouvelle Ă©tape est franchie avec lâachat dâune centrale Ă bĂ©ton. FrĂ©dĂ©ric devient chef dâentreprise pour la premiĂšre fois en dirigeant cette activitĂ©. Une aventure qui durera jusquâen 2003,
lorsque le groupe Lafarge choisit de racheter lâentreprise, prĂ©fĂ©rant lâintĂ©grer plutĂŽt que de la voir continuer Ă grandir de maniĂšre indĂ©pendante.
En 2008, les parents prennent une retraite bien méritée.
Lâentreprise, elle, continue dâavancer, surmontant les tempĂȘtes Ă©conomiques en se spĂ©cialisant dans
lâassainissement, le bĂ©ton dĂ©sactivĂ© et les amĂ©nagements pour les particuliers.
En 2016, une opportunité se présente : le terrain de la zone industrielle est mis en vente. La décision est rapide.
En trois mois seulement, un nouveau bĂątiment sort de terre, preuve que lâesprit bĂątisseur est toujours bien vivant.
Puis en 2023, pour raisons de santé,
Frédéric transmet les clés à Manuel Milot, ouvrant ainsi une nouvelle page de cette histoire familiale.
Soixante ans se sont Ă©coulĂ©s depuis ce premier fossĂ© creusĂ© aux Bedins. Soixante ans dâefforts, de dĂ©fis, de transmissions et de solidaritĂ©. Une aventure parfois folle, souvent exigeante, mais profondĂ©ment humaine. Une histoire comme on en fait peu, bĂątie Ă la force des bras⊠et du cĆur.